diumenge, 12 de febrer de 2017

CATALOGNE: PROCÈS CONTRE FORCADELL ET MAS. HONTE À L'ESPAGNE!

Mario Beaulieu et Rhéal Fortin, députés du Bloc Québécois

Ceux qui s’opposent au droit à l’auto-détermination des peuples sont prêts à bien des bassesses. Le nouvel ambassadeur du Canada en Allemagne, Stéphane Dion, nous l’a montré avec son odieuse Loi sur la clarté qui prétend que les Québécois ne peuvent décider seuls d’une éventuelle question référendaire.
Pire, cette loi, toujours en vigueur, faut-il le rappeler, avec l’assentiment des partis fédéralistes à Ottawa renie un principe phare de la démocratie, celui du 50% plus un. Ottawa veut un résultat référendaire qu’il considère clair sans préciser ce que ça signifie exactement.
Bref, le départ de Stéphane Dion est l’occasion pour les démocrates du Québec de se rappeler le mal qu’il a fait à notre droit fondamental comme peuple de décider seul de notre avenir.
Mais même Stéphane Dion n’aurait pas été jusqu’à vouloir emprisonner le président de l’Assemblée nationale qui aurait permis le vote sur un projet de loi sur la tenue d’un référendum. Même lui n’aurait pas été jusqu’à vouloir interdire au premier ministre du Québec de siéger pendant dix ans s’il proposait un référendum aux Québécois sur l’indépendance. C’est pourtant ce qui se passe en Espagne.
La présidente du parlement catalan, un poste non-partisan dans un parlement, rappelons-le, Carme Forcadell, est accusée d'avoir permis le débat et le vote qui ont débouché sur la nouvelle stratégie devant mener à un référendum sur l'indépendance de la Catalogne en 2017. Un vote évidemment suspendu par le tribunal constitutionnel à la demande du gouvernement espagnol.
Parallèlement, aujourd’hui, s’ouvre le procès contre l’ex-président de la Catalogne, Artur Mas, accusé de désobéissance civile parce qu’il a consulté la population catalane sur l’indépendance en novembre 2014. Résultat : 80% des Catalans ont dit oui à l’indépendance. S’il devait être reconnu coupable, Artur Mas serait passible de 10 ans d'inéligibilité et de l'interdiction d'exercer une fonction publique.
Le gouvernement espagnol a donc décidé d’utiliser les tribunaux pour faire destituer la présidente de l’assemblée nationale catalane parce qu’elle a permis un débat démocratique dans son parlement et pour tuer la carrière politique d’Artur Mas parce qu’il a consulté la population. Ces deux procès sont des procès contre la démocratie et contre la volonté du peuple catalan. Une véritable honte.
On ne peut prétendre être démocrate, on ne peut prétendre défendre le droit des peuples à leur souveraineté, sans s’indigner du geste du gouvernement espagnol. Est-ce que le gouvernement du Québec et celui du Canada vont condamner l’attaque du gouvernement espagnol contre le droit des Catalans à décider de leur avenir? Ou est-ce qu’ils vont se taire, dans un silence complice, préférant voir la démocratie attaquée en Espagne plutôt que de paraître soutenir les Catalans?
On connaît déjà la réponse. Face à la volonté d’indépendance des peuples, Ottawa est prêt à sacrifier un peu de démocratie. On l’a vu avec la Loi sur la clarté, on l’a vu avec le love-in et le scandale des commandites et on le voit avec le silence face à l’accusation contre Carme Forcadell et Artur Mas.
Pas nous. Le Bloc Québécois condamne le geste du gouvernement espagnol contre la démocratie catalane et réitère que tous les peuples ont droit à l’autodétermination.
L’indépendance d’un peuple, décidée par ce peuple, est toujours légale et légitime. C’est vrai pour la Catalogne et c’est vrai pour le Québec.
*(NOTE: Publié dans L'Autjournal, 08.02.2017)

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