Le Parti Québécois s’engage à ne pas tenir de référendum tant que DonaldTrump sera président
Je m’adresse à vous ce matin à titre de chef de parti qui travaille ardemment à trouver la voie qui permettra de remettre le Québec sur les rails au cours des prochaines années. Comme vous le savez, le Québec a connu des reculs et un déclin inquiétant au cours des dernières années: pensons à l’augmentation de l’itinérance, au recul du français et de notre culture québécoise, au recul du pouvoir d’achat d’une majorité d’entre nous, et en général à un recul de la confiance envers nos institutions après plusieurs scandales de dilapidation des fonds publics. Comme vous le savez également, bon nombre de ces reculs sont liés à des décisions d’un gouvernement fédéral qui n’est pas le nôtre et qui s’est moqué des protestations du gouvernement caquiste, notamment sur les questions de fiscalité, de français, de culture et de politiques migratoires.
Bref, nous sommes une vaste majorité à trouver que notre société ne va pas dans la bonne direction et il y a un large consensus au Québec voulant qu’après huit ans de gouvernement caquiste, le Québec a besoin d’un vrai changement. Les Québécoises et les Québécois ont besoin de retrouver confiance et de retrouver le goût du Québec, le goût de notre avenir. Le 5 octobre, le vote doit donc d’abord porter sur cette question fondamentale : à qui pouvons-nous faire confiance pour remettre le Québec sur la bonne voie ?
C’est dans cet esprit que je veux clarifier aujourd’hui deux choses.
Oui, un gouvernement du Parti Québécois consultera les Québécois sur l’indépendance du Québec lors de son premier mandat s’il est élu.
Cet engagement de ma part est le même depuis maintenant six ans. Tout le monde est au courant. J’ai toujours été clair et constant sur le fait qu’un jour, les Québécois vont décider par eux-mêmes, et que ce jour approche. Je crois que l’indépendance est la seule solution pour que le Québec réalise son plein potentiel et échappe à un déclin culturel, linguistique et financier qui, si nous demeurons dans le Canada, est déjà en cours.
La deuxième chose que je veux clarifier concerne le moment précis de cette consultation. Au cours des derniers mois, je me suis déjà exprimé sur le fait que le Parti Québécois exercerait son jugement pour choisir le moment de la consultation – ce qui, pour moi, allait de soi – je ne m’étais toutefois pas encore exprimé formellement sur le point suivant. Un gouvernement du Parti Québécois ne tiendra pas de référendum tant que Donald Trump sera président des États-Unis.
Pourquoi?
Parce qu’un enjeu aussi crucial que celui de l’avenir politique du Québec exige des conditions qui permettent un débat éclairé et serein. Il ne doit pas être confisqué par les soubresauts de la politique américaine, ni par les coups d’éclat d’un président imprévisible, ni par des campagnes de peur.
Cette imprévisibilité de l’administration américaine nuira à notre processus ainsi qu’à la qualité du débat sur notre avenir comme nation. De plus, dans tous les cas, il demeure que, dans l’état actuel du Québec, un gouvernement appelé à ramasser les pots cassés de la CAQ aura amplement de défis et de tâches à accomplir dès le début de son mandat. Les défis sont nombreux et colossaux, il y a du pain sur la planche.
J’ai donc choisi de désamorcer complètement l’argument selon lequel ce serait le pire moment pour réfléchir à notre avenir en raison de Trump, en écartant la possibilité de la tenue d’un référendum d’ici la fin de son deuxième mandat. Nous pourrons donc ainsi mener une campagne sur nos propositions pour aider les Québécois et relancer notre avenir, plutôt que sur des arguments de peur redondants et stériles.
Formellement, cela signifie donc qu’un gouvernement du Parti Québécois ne tiendra pas de référendum avant le 20 janvier 2029, date de la fin du mandat de Trump à la Maison-Blanche
D’ici là, notre priorité demeure claire: gouverner le Québec avec constance et redonner confiance aux Québécoises et aux Québécois.
Nous allons remettre de l’ordre dans nos services publics en réduisant la bureaucratie, nous attaquer avec efficacité à la crise du coût de la vie, répondre à la crise du logement, lutter contre l’itinérance, mettre fin au gaspillage éhonté de fonds publics, nous occuper de la santé physique et mentale de nos gens et redonner aux Québécois le goût du Québec. Le Parti Québécois vous présentera une équipe d’une qualité inégalée pour relever ce défi.
Comme les gouvernements de René Lévesque et de Jacques Parizeau l’ont fait avant nous, nous voulons redonner aux Québécois confiance en eux-mêmes, comme nation.
La CAQ de Christine Fréchette devra rendre des comptes sur huit ans d’inaction et de mauvaise gestion. Nous ne les laisserons pas nous distraire pour tenter de tromper la volonté de changement réelle des Québécois. J’ai confiance en notre capacité comme peuple de se relever et de décider par nous-mêmes de notre avenir.
D’ici là, notre priorité demeure claire: gouverner le Québec avec constance et redonner confiance aux Québécoises et aux Québécois.
Je ferai avec plaisir une tournée d’entrevues aujourd’hui pour répondre aux questions, et avec encore plus de plaisir que j’irai à votre rencontre au cours de cette campagne.

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